Autolib’ ouvre une brèche

 

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Et si Autolib’ avait grandi plus rapidement que son propre marché ? Devenu en quelques années un spécialiste à part entière de l’autopartage, mais aussi du véhicule électrique, la société fondée par Vincent Bolloré éprouve le plus grand mal à concilier son développement soutenu avec son besoin grandissant en main-d’œuvre qualifiée. Une épreuve somme toute logique au vu de la situation globale du marché. Derrière l’arbre “Autolib’”, auquel on pourrait naturellement adjoindre Renault et Nissan, leaders du genre, se cache la forêt “VE”. Fin novembre 2014, il ne s’était ainsi écoulé que 8 917 modèles électriques dans l’Hexagone, selon l’Avere-France. De ce chiffre, certains préféreront ne retenir que le meilleur, avec une progression annuelle de 10,5 %, pendant que d’autres, plus circonspects, noteront que ce total ne représente qu’environ 0,6 % des ventes globales en France. Un résultat qui explique en grande partie pourquoi la formation s’avère aujourd’hui en retard. “Depuis 2010, la valeur des organes électriques est plus importante que celle des organes mécaniques dans nos véhicules. Cependant, le souci vient d’ailleurs, note Eric Planchais, directeur de la flotte VE d’Autolib’. Les formations évoluent selon ce qui existe sur le marché, or celui du véhicule électrique est encore trop récent pour être enseigné dans les écoles.” Pour pallier ce manque, la société a donc décidé de prendre les devants sans passer par les filières standards.

Un melting-pot de profils

“Bien évidemment que nous préférerions disposer dès leur arrivée de collaborateurs formés mais, aujourd’hui, c’est difficile”, ajoute Eric Planchais. Autolib’ s’évertue à trouver des profils se rapprochant le plus de ses besoins pour, dans un second temps, les former à ses spécificités et leur permettre d’être certifiés par les normes UTE C18-550 afin de pouvoir manipuler des véhicules électriques et hybrides. Dans les ateliers parisiens d’Autolib’ se côtoient des profils issus de la maintenance industrielle, de la mécanique traditionnelle ou encore des ascensoristes. Consciente des limites de son mode de fonctionnement, la société souhaite désormais aller plus loin en attaquant le problème à la source. Toujours aussi volontaires sur le sujet, les équipes d’Eric Planchais se sont rapprochées durant l’été 2014 de l’Aforpa, organisme dédié à l’apprentissage par alternance en Ile-de-France via six centres de formation. Le but ? Proposer à un étudiant de les rejoindre, et impulser un mouvement plus large dans les écoles. Dans le premier cas, Philippe Simon, chargé des relations Entreprises de l’Aforpa, fait état des difficultés à trouver la personne adéquate. “On ne pouvait pas envoyer n’importe qui chez Autolib’. Il nous fallait un profil assez précis, ayant déjà un CAP mécanique, qui connaisse déjà les opérations de base, lui permettant ainsi d’approfondir des domaines plus complexes une fois en entreprise.” Prénommé Alid Ahmed-Addou, l’heureux élu est inscrit à l’UFA La Salle Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux et est donc devenu le premier apprenti VE de France.

Des formateurs… formés !

Un choix réfléchi et assumé qui n’a pas manqué de surprendre son entourage : “Mes camarades de classe ont été très étonnés lorsque je leur ai annoncé que j’allais travailler chez Autolib’ parce que personne jusqu’à présent n’avait fait ce choix dans notre lycée. Mais ils ont tous trouvé ça très bien et m’ont encouragé à y aller à fond.” Restait alors à régler le problème des programmes d’enseignement. Pour éviter de les bouleverser, l’Aforpa et Autolib’ se sont donc entendus. “Aujourd’hui, nous sommes dans une démarche complémentaire véhicule thermique-véhicule électrique entre les entreprises et nous”, explique Emmanuel Ode, coordinateur de l’organisme. L’enseignement de la mécanique traditionnelle a été réalisé à l’école pendant que celui consacré aux VE se faisait chez Autolib’. Une manière pour l’UFA La Salle Saint-Nicolas de temporiser et de s’adapter. Durant le premier trimestre, tous ses formateurs ont ainsi passé la certification UTE C18-550 alors que de nouveaux modules consacrés aux modèles électriques et hybrides ont été actés, et seront dispensés dans les prochaines semaines. Même satisfaction pour Halid, qui explique “ne pas regretter son choix. Si on me le propose, je me verrais très bien poursuivre l’aventure au-delà de ma formation”. Prudent, Autolib’ ne souhaite pas se projeter plus loin. “Dans le fond, rien ne presse, estime Eric Planchais. Nous travaillons pour la filière sur du long terme. Tâchons d’abord de réussir ce que nous avons entamé.” Avant de voir les choses de manière plus grande et plus structurée.

Constructeurs
Autolib’ ouvre une brèche
30/01/2015 – Romain Baly

 

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